Les citations vont-elles supplanter les liens ?


Pour lutter contre le spam, Yandex avait tenté en 2014 d’évaluer l’importance des liens dans son algorithme. L’idée avait fait grand bruit même si l’impact avait été limité à certains métiers et certaines requêtes dont l’intention était purement commerciale.

1 an plus tard, Yandex fit marche arrière. L’achat de privilèges n’avait baissé que de 15 % et la qualité des résultats était moins bonne qu’auparavant. Il avait aussi été reproché au moteur de recherche russe d’avoir baissé les bras face aux spammeurs. Yandex a donc rétabli l’usage des privilèges dans son algo et mis en place des pénalités (toujours existants – voir minusinsk) à l’encontre de ceux qui sont trop agressifs avec l’acquisition de privilèges.

Les citations vont-elles supplanter les liens ?, Devis couvreur
Les liens, indispensables pour les moteurs de recherche aujourd’hui ?

Mais l’idée continue de trotter dans les têtes des chercheurs et des ingénieurs et le concept d’un moteur faisant pas ou moins usage de liens est toujours d’actualité. Même si la solution géniale qui remplaçait les liens n’est pas pour tout de suite.

Les liens restent aujourd’hui la moins mauvaise façon de juger de la popularité, de la notoriété et de l’autorité d’une page web et d’un site web.

Le problème avec les liens c’est que tout le monde ne les utilise pas. Les citations de marque sont plus simples et plus naturelles. Idéalement, il faudrait aussi pouvoir se baser dessus. Par exemple, si un internaute écrit « Tyseo est une super agence webmarketing« , est-ce naturel pour lui d’ajouter un lien dans cette petite phrase ? Évidemment que non. Faire des liens sur des mots clés porteurs de sens (les fameux mots clés métiers sur lesquels les référenceurs veulent positionner les sites) est-il plus naturel ? Pas plus.

L’immense majorité des liens que font les internautes qui n’ont pas de logique SEO en tête sont les liens de marque ou bien des liens de type « cliquez ici » / « en savoir plus » ou encore des liens sur les images.

Les liens sont utiles dans une logique de navigation et économisent un effort de recherche de la partie du lecteur. Ça c’est positif. Mais la création d’un lien est plus souvent biaisée et motivée que la simple création d’une citation et ça c’est embêtant pour l’algo car le signal n’est pas représenté représentatif.

D’où l’idée d’utiliser les citations de marque plutôt que les privilèges pour valoriser de façon plus réaliste la présence et la réputation d’une marque sur le web.

Rand Fishkin développe le concept avec l’idée de liens inférés. Il met en avant plusieurs arguments en faveur des citations plutôt que des privilèges :

  • Le volume de citation de marque est plus important que le nombre de privilèges ;
  • Les outils de recherche sont bien meilleurs aujourd’hui et certainement suffisamment mûrs pour comprendre le contexte, le sentiment (avis positif ou négatif) et les concepts (entités nommées) ;
  • Les citations sont plus authentiques.

Ça ne remplacera pas les tentatives de manipulation. Au lieu d’acheter des liens, on pourra toujours acheter des citations.

La mort des liens n’est donc pas encore arrivé. C’est même plutôt l’inverse que l’on constate. Néanmoins, ce que j’aime entrevoir derrière ce débat liens/citations, c’est que pour développer sa visibilité, une approche holistique est aussi une bonne idée.

Il faut savoir voir plus loin que son métier. Travailler la notoriété, les relations presse et penser à long terme n’apporte pas de résultats immédiats mais les avantages sur le long terme sont indéniables et sont une assurance contre les virevoltements des algorithmes des moteurs de recherche. Comme le dit très bien Rand Fishkin à la fin de son article, il vaut mieux acheter des RP que des liens : c’est moins risqué et les contenus sont également nombreux.

Et comme d’habitude, oui, ça dépend… Chaque cas est particulier : temps, budget, retours attendus, objectifs à court ou long terme, thématique et métier… Aujourd’hui, il est souvent plus efficace, plus louable et plus simple d ‘acquérir des privilèges pour venir bien se placer sur certaines requêtes. Mais, est-ce que ce sera encore le cas demain ?

Photographie : Haywood Beasley